À Goma, Hadja Lahbib alerte sur la crise humanitaire et appelle au respect du droit international

À Goma, Hadja Lahbib alerte sur la crise humanitaire et appelle au respect du droit international
Photo de Hadja Lahbib lors de sa visite à l’hôpital BETSAHIDA Ndosho

En mission dans l’est de la République démocratique du Congo, la Commissaire européenne à la gestion de crise et à l’aide humanitaire, Hadja Lahbib, a effectué une visite remarquée à Goma, une zone actuellement sous contrôle du mouvement armé Alliance Fleuve Congo / Mouvement du 23 mars.

Mandatée par les ministres des Affaires étrangères des 27 États membres de l’Union européenne, la responsable européenne a parcouru ces derniers jours plusieurs capitales de la région des Grands Lacs notamment Kinshasa, Bujumbura et Kigali avec un message central le respect strict du droit international humanitaire.

Une situation jugée « catastrophique »

À Goma, la Commissaire a dressé un constat alarmant de la dégradation humanitaire dans l’est du pays. Elle a souligné que la région des Grands Lacs figure désormais parmi les priorités humanitaires mondiales, tout en insistant sur la nécessité de garantir un accès sûr et sans entrave aux acteurs humanitaires.

Selon elle, les violations du droit international humanitaire se multiplient, exposant gravement les populations civiles mais aussi les travailleurs humanitaires. « Nos équipes risquent leur vie pour sauver celle des autres », a-t-elle rappelé, évoquant de nombreuses entraves opérationnelles signalées par les ONG internationales et les agences des Nations unies présentes sur le terrain.

Femmes et enfants, premières victimes

Également chargée du portefeuille de l’égalité, Hadja Lahbib a mis l’accent sur l’impact disproportionné du conflit sur les femmes et les enfants. Lors de sa visite dans un camp de transit autour de Goma, elle dit avoir recueilli des témoignages directs de déplacés confrontés à la faim, à l’insécurité et au manque d’accès aux services de base.

La Commissaire a plaidé pour un renforcement de la protection des civils, en particulier contre les violences basées sur le genre, qui tendent à augmenter dans les contextes de déplacement massif.

Des engagements attendus

Au terme de sa tournée régionale, la responsable européenne affirme avoir obtenu des « engagements concrets » de la part des différentes parties rencontrées. Elle a toutefois insisté sur la nécessité de traduire rapidement ces promesses en actions tangibles sur le terrain.

Pour les organisations humanitaires opérant dans l’est de la RDC, l’enjeu est désormais clair : obtenir des garanties de sécurité et un accès humanitaire effectif afin d’alléger les souffrances de millions de civils pris au piège du conflit.

La mission de la Commissaire européenne pourrait ainsi constituer un test important pour la mise en œuvre effective du droit international humanitaire dans l’une des crises les plus complexes et les plus oubliées du monde.