Nord-Kivu : des manifestants interpellent le gouvernement et l’ONU sur la crise sécuritaire

Nord-Kivu : des manifestants interpellent le gouvernement et l’ONU sur la crise sécuritaire
Sifa Jamila chef d’avenue CCLK quartier Lac vert à Goma

Une marche pacifique a été organisée ce lundi à Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Initiée par des groupes de pression et des acteurs de la société civile, cette mobilisation visait à interpeller le gouvernement congolais ainsi que ses partenaires, notamment les Nations unies, sur la persistance de l’insécurité et la détérioration de la situation humanitaire dans la région.

Les manifestants, parmi lesquels de nombreuses femmes, ont exprimé leur lassitude face à un conflit armé qui dure depuis plusieurs années et qui continue d’affecter gravement les populations civiles. Selon plusieurs participantes, la crise actuelle est marquée par des déplacements massifs de populations, des pertes de moyens de subsistance et un accès limité aux services sociaux de base.

Certaines manifestantes ont indiqué avoir passé plus d’une année dans ce qu’elles qualifient de crise sans précédent. Elles dénoncent la répétition des violences armées, les déplacements forcés et la précarité croissante des familles, notamment au Nord-Kivu, au Sud-Kivu, à Uvira et dans certaines zones d’accueil des réfugiés à l’étranger. Elles appellent à une meilleure protection des civils et à des solutions durables pour mettre fin au conflit.

Au cours de la marche, des voix se sont également élevées pour questionner l’efficacité des mécanismes de sécurité en place. Des participantes ont exprimé leurs préoccupations face aux violences attribuées à certains groupes armés, tout en appelant les autorités à renforcer la gouvernance sécuritaire et à restaurer l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire.

Parmi les manifestantes, Sifa Amini, vendeuse de souliers au marché CADECO à Goma, a déclaré avoir rejoint la marche après avoir constaté l’ampleur de la mobilisation. Elle a profité de l’occasion pour appeler à la sincérité dans la gestion de la crise sécuritaire et à la fin des violences, tout en plaidant pour le rétablissement de la libre circulation des personnes et des biens, la réouverture des infrastructures économiques et le retour des réfugiés et déplacés dans leurs milieux d’origine.

À l’issue de la manifestation, un mémorandum a été remis aux responsables de la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO), à Goma. Dans ce document, les organisateurs formulent plusieurs recommandations, notamment l’ouverture d’un dialogue inclusif entre toutes les parties prenantes au conflit, le renforcement des efforts diplomatiques et sécuritaires, ainsi qu’une réponse humanitaire adaptée aux besoins des populations affectées.

Pour l’instant, aucune réaction officielle du gouvernement congolais ou de la MONUSCO n’avait été enregistrée au moment de la publication de cet article.