"Constant Mutamba face à l’épreuve des discours incendiaires de Fayulu et Kamitatu", Steve Mbikayi
Les récentes déclarations xénophobes, tribalistes et sectaires de Messieurs Martin Fayulu et Olivier Kamitatu, visant particulièrement la tribu luba du Kasaï, continuent de susciter des réactions vives dans l’opinion publique. Alors que ces propos divisifs rappellent de douloureux souvenirs, notamment les violences de 1992, les attentes se tournent désormais vers le ministre de la Justice.
Dans une déclaration ce 2 janvier 2025, Steve Mbikayi exige que des poursuites judiciaires soient engagées contre ces acteurs politiques, à l’instar des procédures souvent ouvertes contre des citoyens ordinaires pour des faits similaires. "Si rien n’est fait, cela confirmera que la rigueur de la loi est appliquée sélectivement, ne s’imposant qu’aux plus faibles", a-t-il déclaré.
"Chat échaudé craint l’eau froide", dit l’adage. Les blessures encore ouvertes des massacres de 1992, imputés en partie à des discours similaires, alimentent aujourd’hui une ferme détermination à ne pas laisser ces dérives se reproduire. "Nous sommes prêts à déposer plainte, comme nous l’avons fait à l’époque contre feu Kyungu wa Kumwanza, pour des propos analogues", écris Mbikayi.
Le débat s’étend également au respect des institutions et des usages dans la communication publique. En RDC, il est de coutume que seul le Chef de l’État adresse un message officiel à la nation en fin d’année. Pourtant, une prolifération de discours "alternatifs" émanant de présidents d’associations, pasteurs et chefs de partis politiques, souvent accompagnés du drapeau national en arrière-plan, vient brouiller les lignes.
Ces interventions, parfois marquées par des dérapages, suscitent un appel à l’ordre. "L’utilisation anarchique des symboles nationaux pour des discours partisans ou polémiques doit cesser", estiment cet acteur politique.
Selon lui, dans ce contexte tendu, tous les regards sont tournés vers le ministère de la Justice, dont la réaction sera déterminante. Une réponse ferme pourrait prévenir une escalade des tensions et réaffirmer l’impartialité de la loi. À défaut, la société civile promet de prendre les devants pour que justice soit rendue et que ces discours inflammatoires soient fermement condamnés.
Les prochains jours seront cruciaux pour jauger la capacité des institutions congolaises à garantir la paix et l’unité nationale face à des discours potentiellement dangereux.
DKM