Guerre à l'Est : le Bureau de la Coordination des Affaires Humanitaires (OCHA RDC) affirme le viol d'au moins cinq filles d'une même famille a Kalungu

Guerre à l'Est : le Bureau de la Coordination des Affaires Humanitaires (OCHA RDC) affirme le viol d'au moins cinq filles d'une même famille a Kalungu

Dans l'Est de la République Démocratique du Congo, les violences sexuelles se multiplient en pleine intensification des affrontements armés. Le 14 janvier, des informations rapportent qu'au moins cinq jeunes filles d’une même famille ont été violées par des hommes armés dans la localité de Kalungu. Cette tragédie a été confirmée par le Bureau de la Coordination des Affaires Humanitaires (OCHA RDC), qui précise que les victimes ont été prises en charge dans un centre hospitalier local. Cependant, cette situation inquiétante ne fait que s’aggraver, puisque le même organisme a rapporté qu'au moins deux autres femmes ont été violées dans l'aire de santé de Bihovu, située dans le territoire voisin de Kalehe.

Ces agressions font partie d'un tableau encore plus sombre de violences ciblées, qui affectent non seulement les populations civiles, mais également les acteurs humanitaires, déjà sous pression en raison des conditions de sécurité de plus en plus précaires dans cette région.

La violence sexuelle en pleine guerre : une souffrance persistante

Les agressions sexuelles sont un des aspects tragiques du conflit qui déchire l'Est de la RDC. Les violences sexuelles sont souvent utilisées comme arme de guerre, visant à terroriser les populations et à déstabiliser les communautés. Ces violences ont des effets dévastateurs sur les victimes, qui doivent faire face à un double fardeau : celui des blessures physiques et celui de la stigmatisation sociale qui les accompagne.

Le 19 janvier, plusieurs explosions de bombes dans la localité de Chebumba ont ajouté une couche de terreur supplémentaire, tuant deux adultes et blessant quatre enfants. Mais au-delà de ces explosions, c'est la violence de guerre, y compris les agressions sexuelles, qui laisse des séquelles profondes. Dans ce climat d’insécurité croissante, les femmes et les enfants sont les plus vulnérables, souvent pris pour cibles dans un contexte de guerre où la violence sexuelle devient systématique.

Des violences ciblées contre les humanitaires et des déplacements massifs

Au-delà des violences sexuelles, les conditions de sécurité ont conduit à une suspension des activités humanitaires dans plusieurs régions. Entre le 12 et le 19 janvier, un partenaire de protection a été victime de cambriolages répétés, ce qui a conduit à la fermeture temporaire du Centre de Transit et d’Orientation (CTO) pour enfants non accompagnés à Minova. Les travailleurs humanitaires eux-mêmes, déjà sur le front pour aider les populations déplacées, subissent les conséquences directes de l’insécurité généralisée.

Dans la journée du 20 janvier, plus de 178 000 personnes ont été déplacées en raison des affrontements entre le M23 et les FARDC. Cette situation a poussé des milliers de civils à fuir vers des zones voisines, notamment à Minova, Bunyakiri et Kalehe, à la recherche de refuge. Les femmes et les enfants, déjà victimes de violences sexuelles, continuent d’être les plus touchés par cet exode forcé.

Des routes coupées et une aide humanitaire en pause

L'intensification des affrontements a également conduit à la fermeture de plusieurs axes routiers. Le 20 janvier, l’axe Minova-Nyabibwe est resté accessible jusqu'à midi, tandis que l’axe Minova-Kitembo est soumis à des contrôles d’identité stricts. Ces restrictions rendent l’accès des humanitaires aux populations déplacées de plus en plus difficile, alors que l’urgence de la situation exige une réponse rapide et coordonnée.

Une vingtaine d'ONG nationales et internationales basées à Minova ont annoncé lors d’une réunion de crise leur intention de rester en stand-by pendant 72 heures, suspendant une partie de leurs activités en cours. Ces acteurs humanitaires, déjà confrontés à des défis logistiques majeurs, tentent de suivre l'évolution de la situation et de réévaluer les risques.

L'impact des violences sexuelles : un défi humanitaire de taille

Les violences sexuelles à grande échelle dans l’Est de la RDC ajoutent une dimension tragique à une crise déjà profonde. Les victimes de viols et d'autres violences sexuelles nécessitent une aide spécialisée, y compris des soins médicaux d’urgence, des services psychologiques et un soutien social pour surmonter les traumatismes. Cependant, l'escalade des combats et la difficulté d'accès aux zones affectées rendent cette aide de plus en plus difficile à fournir.

Les organisations humanitaires et les autorités congolaises doivent redoubler d'efforts pour répondre à cette crise humanitaire et garantir la sécurité et la dignité des populations les plus vulnérables, en particulier les femmes et les enfants, souvent laissés pour compte dans ce conflit meurtrier.

DKM