RDC : la RDC et les États-Unis condamnent l’agression du Rwanda et le Burundi propose des pistes de sortie de la crise
La crise sécuritaire à l’est de la République démocratique du Congo (RDC) a dominé les débats au Conseil de sécurité des Nations Unies, où la ministre congolaise des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba, a livré un discours percutant dénonçant les atrocités commises par la coalition RDF/M23 et exigeant une réponse ferme de la communauté internationale.
"Vous avez déjà perdu le combat de la vérité"
Prenant la parole devant le Conseil, la cheffe de la diplomatie congolaise a dénoncé l’hypocrisie du Rwanda, accusé d’essayer de légitimer son agression militaire contre la RDC et son peuple :
« Nous avons écouté le Rwanda tenter de justifier sa guerre, après le déplacement de millions de civils, après le pillage de nos ressources par centaines de tonnes, et même après l’assassinat de dizaines de Casques bleus et de soldats de la paix africains. »
Elle a rappelé avec indignation que le Haut-Commissaire aux droits de l’homme avait récemment documenté des exécutions sommaires d’enfants par le M23 et les Forces de défense rwandaises (RDF) à Bukavu.
Face aux tentatives rwandaises de nier ces exactions, elle a lancé :
« Tenter de justifier l’exécution d’enfants est si abject et ignoble que cela ne mérite aucune réponse de ma part aujourd’hui. M. le Représentant permanent du Rwanda, vous avez déjà perdu le combat de la vérité. »
Les États-Unis exigent des mesures fortes contre le Rwanda
Prenant la parole à son tour, la représentante des États-Unis Dorothy Shea a condamné avec fermeté l’occupation de territoires congolais par le M23 et les forces rwandaises. Elle a exigé le retrait immédiat de ces troupes et le rétablissement de la libre circulation, notamment à Goma et Bukavu :
« Le M23 doit immédiatement cesser ses menaces contre la MONUSCO, rouvrir les routes vers Goma et garantir la liberté de déplacement des forces onusiennes, notamment aux postes-frontières. », a souligné Dorothy Shea.
Elle a également appelé l’ONU à revoir la participation du Rwanda aux opérations de maintien de la paix si ce pays continue de bafouer la souveraineté de la RDC.
En outre, la diplomate américaine a souligné le rôle des groupes armés qui profitent de l’instabilité pour piller les ressources minières de la RDC et financer leurs activités illicites. Elle a exhorté la communauté internationale à sanctionner le commerce illégal des minerais issus des zones occupées par le M23.
« Il est temps que le Conseil de sécurité réagisse fermement et sans ambiguïté face aux agissements du Rwanda, qui compromettent la paix et rapprochent la région d’une guerre généralisée. »
Le Burundi propose un plan de sortie de crise
Le représentant du Burundi, Zéphyrin Maniratanga, pays voisin de la RDC, a présenté une feuille de route en cinq points pour éviter une guerre régionale et rétablir la paix à l’est du Congo :
1. Mobilisation internationale : Un appel urgent à la communauté internationale pour empêcher l’escalade du conflit et restaurer l’intégrité territoriale de la RDC.
2. Retrait des forces étrangères et démantèlement des groupes armés : Exiger le départ des troupes rwandaises et éliminer tous les groupes armés présents sur le territoire congolais.
3. Dialogue inter-congolais avec le M23 : Si ce mouvement se revendique congolais, il doit participer aux discussions sous l’égide de la Communauté d’Afrique de l’Est.
4. Cessez-le-feu immédiat : Mettre fin aux combats pour permettre l’acheminement de l’aide humanitaire et favoriser un retour au dialogue.
5. Renforcement des mécanismes régionaux et internationaux : Accroître le rôle du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine et accélérer la mise en place de la Force africaine en attente pour gérer efficacement les crises sécuritaires.
« Un jour de plus sans action concrète pour arrêter la guerre à l’Est de la RDC équivaut à des centaines de morts parmi les civils innocents, y compris des femmes et des enfants. Agissons vite pour être du bon côté de l’histoire. », a précisé Zéphyrin Maniratanga.
Vers une intensification des sanctions contre Kigali ?
Alors que la situation sur le terrain ne cesse de se détériorer, les appels à des sanctions plus sévères contre le Rwanda se multiplient. Certains membres du Conseil de sécurité, dont les États-Unis, ont indiqué être prêts à utiliser tous les outils diplomatiques et économiques pour exiger des comptes aux responsables de cette crise.
La RDC, soutenue par plusieurs pays africains et occidentaux, réclame une réponse ferme et immédiate afin d’éviter une escalade du conflit qui pourrait embraser toute la région des Grands Lacs.
Reste à voir si l’ONU et les grandes puissances traduiront ces condamnations en actes concrets.
DKM