Conflit RDC-Rwanda : annulation de la tripartite RDC-Rwanda-Angola, Goma dénonce une mauvaise foi de Kigali

Conflit RDC-Rwanda : annulation de la tripartite RDC-Rwanda-Angola, Goma dénonce une mauvaise foi de Kigali
Photo : Diddy Mastaki

La rencontre tripartite entre la RDC, le Rwanda et l’Angola, prévue à Luanda le dimanche 15 décembre sous la médiation du président angolais João Lourenço, n’a finalement pas eu lieu. Cette réunion devait marquer une étape importante vers la désescalade des tensions entre la RDC et le Rwanda, dans le cadre de la guerre qui persiste à l’Est de la RDC. Cependant, le refus du Rwanda de participer suscite l’indignation des habitants de Goma, qui dénoncent une volonté manifeste de Kigali de poursuivre son agenda de déstabilisation en violation flagrante de la souveraineté congolaise.

"Un mépris total pour la paix"

« Nous pensions que cette rencontre de Luanda serait une occasion cruciale de réunir Paul Kagame et Félix Tshisekedi autour d’une table pour trouver une solution durable à la crise. Mais une fois de plus, le Rwanda a montré son mépris et sa mauvaise foi ! », s’indigne un habitant interrogé par radiogofm.net.

Pour de nombreux Gomatraciens, cette situation alimente les craintes d’une balkanisation imminente de la RDC. Ils pointent du doigt les ambitions présumées du Rwanda de contrôler les zones minières stratégiques de l’Est du pays, un enjeu qui exacerbe les tensions dans la région des Grands Lacs.

"Le plan Clinton en marche ?"

Certains accusent ouvertement le Rwanda de chercher à concrétiser un plan de domination régionale. « Kagame veut à tout prix matérialiser le plan Clinton : s’accaparer des ressources minières de l’Est de la RDC. Boycotter la rencontre de Luanda est une preuve claire de ses intentions. Et dans tout cela, ce sont nous, les civils du Nord-Kivu, qui payons le prix fort », déplore un autre résident de Goma.

Un dialogue avec le M23 rejeté par la RDC

Le point de discorde majeur ayant conduit à l’annulation de la réunion est le refus par le Rwanda de participer après que la RDC a rejeté sa condition préalable : organiser un dialogue direct entre Kinshasa et les rebelles du M23. Cette proposition, jugée inacceptable par la partie congolaise, a été perçue comme une tentative de légitimer les actions du M23, considéré comme un groupe terroriste par Kinshasa.

« Si le Rwanda veut que nous dialoguions avec le M23, qu’il commence par dialoguer officiellement avec le FDLR. Que chacun règle ses propres problèmes internes ! », s’est exclamée Mme Nzabonimpa, une habitante de Goma.

L’annulation de la tripartite met en lumière les défis majeurs pour parvenir à une paix durable dans la région. Alors que certains pays des Grands Lacs et des puissances internationales appellent à des négociations, les tensions entre la RDC et le Rwanda restent vives, alimentées par des accusations mutuelles de soutien à des groupes armés.

L'échec de cette initiative risque de compliquer davantage la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC, où les populations civiles continuent de subir les affres d’un conflit qui semble loin de son dénouement.

DKM