Goma : la pénurie d'eau, un danger pour les habitants de la commune de Goma
Depuis plus d'une semaine, plusieurs quartiers de la commune de Goma font face à une pénurie d’eau potable, plongeant les habitants dans une situation critique. Privés d'un accès régulier à l’eau courante, ces derniers se voient contraints de se rendre au lac Kivu ou au lac Vert pour puiser de l’eau, une alternative non seulement contraignante mais aussi dangereuse.
Au quartier Lac Vert, des habitants, majoritairement des femmes et des enfants, parcourent chaque jour de longues distances pour s'approvisionner en eau. Un exercice épuisant qui les expose à divers risques.
"Nous sommes obligés de parcourir de longues distances pour pouvoir avoir de l'eau, et cela tous les jours depuis plus d'une semaine. Cette situation nous expose à plusieurs dangers, notamment la noyade et les accidents de route."
Outre les risques physiques, le manque d’eau potable ouvre la porte à d’autres dangers sanitaires. Franklin Tumsifu, habitant du quartier Lac Vert, alerte sur les maladies d’origine hydrique.
"L'eau que notre population puise au lac Kivu et au lac Vert n'est pas traitée, elle contient plusieurs bactéries qui peuvent nuire à la santé."
Les quartiers Kyeshero et Himbi ne sont pas épargnés. Depuis environ cinq jours, les robinets ne coulent plus, forçant les habitants à acheter de l’eau auprès des propriétaires de camions citernes. Un bidon de 20 litres coûte désormais 500 FC, un prix qui pèse lourd sur les ménages déjà fragilisés par la crise économique.
"Nous recevons des factures d'eau, mais on se demande pour quelle eau consommer. Vous vous imaginez payer un bidon d'eau à 500 FC chaque jour pour un ménage qui a plus de 5 enfants ? Que la REGIDESO résolve ce problème," plaide un habitant de Kyeshero.
Pour de nombreux habitants, le retour temporaire de l’eau il y a quelques semaines avait redonné espoir. Mais la situation s’est rapidement dégradée. Louise, mère de famille, exprime son désarroi face à cette crise.
"L’eau, c’est la vie, comme on l’a toujours dit, malheureusement, c’est devenu une denrée rare. Nous limitons à présent sa consommation, ce qui n’est pas bon pour certaines tâches qui nécessitent de l’eau."
Entre la peur des maladies, les trajets risqués et le coût élevé de l’eau, la population de Goma se trouve dans une impasse. Face à cette crise qui perdure, les habitants appellent la REGIDESO et les autorités locales à une intervention rapide pour un accès durable à l’eau potable.
Natasha Sekeraviti