Goma : les familles des militaires du camp Katindo, des vulnérables oubliés
Depuis la prise de Goma par l’Alliance Fleuve Congo (AFC) et le M23 le 27 janvier 2025, les familles des militaires des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) vivent dans une précarité extrême. Ces femmes, enfants issus des familles militaires, autrefois protégés dans le camp militaire de Katindo, ont été contraints de fuir face à l’avancée rebelle. Aujourd’hui, ils se retrouvent abandonnés à leur sort, sans abri ni assistance.
Situé en plein cœur de Goma, le camp Katindo était un refuge pour des centaines de familles de militaires. Mais avec la défaite des FARDC, une grande partie d’entre elles ont dû fuir, laissant derrière elles leurs biens et leurs repères.
"Nous avons tout abandonné pour sauver nos vies", témoigne une mère de trois enfants sous une bâche déchirée qui lui sert d’abri. Dans l’incertitude, ces familles errent dans la ville ou s’entassent dans des quartiers déjà saturés par des vagues de déplacés fuyant les combats dans le Nord-Kivu.
La crise humanitaire qui découle de cette situation reste largement ignorée. Les organisations non gouvernementales peinent à intervenir efficacement, notamment en raison de l’insécurité persistante et de la fermeture de l’aéroport de Goma depuis la prise de la ville.
Alors que la vie reprend progressivement sous le contrôle de l’AFC/M23, ces familles de militaires, perçues comme des proches des anciens défenseurs du régime, vivent un calvaire silencieux, privées de soutien et dans l’attente d’un avenir incertain.
Paulin AGANZE