RDC : Femmes et jeunes en première ligne contre la désinformation et les discours de haine durant la crise d’Ebola
Dans l’est de la République démocratique du Congo, où la résurgence de la maladie à virus Ebola ravive les inquiétudes, des femmes et des jeunes se mobilisent pour empêcher que la crise sanitaire ne se transforme en crise sociale. À Goma, un forum sur la cohésion sociale et la coexistence pacifique a réuni leaders communautaires, experts, jeunes et organisations féminines engagées contre la désinformation et les discours de haine.
À travers des activités interculturelles comme le slam, la poésie, les danses folkloriques et traditionnelles, les organisateurs ont voulu transmettre des messages de paix, de solidarité et de prévention face à Ebola.
Pour Esther Vira, membre de l’organisation AIDPROFEN à l’initiative du forum, la lutte contre les discours de haine est essentielle pour préserver le vivre-ensemble.
« Si nous sommes ici aujourd’hui, c’est parce que vous êtes témoins des messages qui passent à travers diverses disciplines comme le slam et d’autres activités. Ce sont des messages de paix. La paix ne se trouve pas seulement dans les accords politiques. Nous avons organisé ce forum sur la cohésion sociale et la coexistence pacifique avec les femmes et les jeunes engagés contre la désinformation et les discours de haine pour mobiliser et sensibiliser la communauté à la prévention d’Ebola, à la détection des discours de haine et au partage des bonnes pratiques dans notre communauté », explique-t-elle.
Même appel du côté des leaders communautaires présents au forum. M’piana Tchibangu Djibril salue une initiative qu’il juge cruciale dans le contexte actuel.
« Je salue avec bravoure les organisatrices pour cette activité très importante pour la population avec des sujets d’actualité. Ebola est un danger réel. Tout le monde doit se concentrer sur les activités organisées et les informations reçues pour se mettre à l’écart de ce danger qui est maintenant là. Il faut propager ce message dans toutes les couches de la population », insiste-t-il.
Les experts présents alertent également sur les conséquences de la désinformation qui continue de circuler, notamment sur les réseaux sociaux. Selon Christian, expert en cohésion sociale, les rumeurs fragilisent les efforts de prévention.
« Les discours de haine empêchent que l’on puisse faire face aux crises qui se passent actuellement dans notre pays, particulièrement ici dans l’est de la RDC. Pourtant, nous savons très bien que la maladie à virus Ebola existe bel et bien. Mais au-delà, il y a d’autres discours qui continuent à se propager sur les réseaux sociaux et, à cause de ces rumeurs, beaucoup de personnes n’observent pas les mesures barrières et s’exposent davantage », déplore-t-il.
Pour les jeunes participants, cette rencontre a aussi permis de renforcer les connaissances sur les gestes de prévention. Bahati Muderwa, jeune participant venu de Goma, affirme repartir avec un engagement personnel.
« Je viens de comprendre, grâce aux échanges des panélistes concernant la maladie à virus Ebola, l’importance de prendre des engagements pour nous protéger : le lavage des mains avec du savon ou de la cendre, le respect de la distanciation sociale d’un mètre, éviter de toucher les personnes malades. Nous prenons cela en compte car ces messages passent maintenant aussi à la radio et à la télévision », témoigne-t-il.
À travers cette initiative, les organisateurs espèrent renforcer la confiance entre les communautés et encourager une information responsable afin de limiter la propagation de la peur, de la stigmatisation et des fausses informations autour de l’épidémie.