Nord-Kivu : des femmes formées aux résolutions de l’ONU pour transformer les conflits en opportunités de paix
Dans la ville de Goma, l’organisation Aidprofen Action et Initiatives de Développement pour la Protection de la Femme et de l’Enfant renforce le leadership des femmes dans la consolidation de la paix à travers une formation axée sur les résolutions Conseil de sécurité des Nations unies 1325 et 1820.
Ces textes clés reconnaissent le rôle essentiel des femmes dans la prévention et la résolution des conflits, ainsi que dans la lutte contre les violences sexuelles liées aux conflits. Dans un contexte sécuritaire fragile au Nord-Kivu, des femmes issues de structures locales se sont réunies pour échanger, apprendre et renforcer leurs capacités.
Au cours des sessions, les participantes ont partagé des témoignages poignants sur leur engagement dans les processus de paix. Elles ont mis en lumière les actions déjà menées au sein de leurs communautés, les avancées obtenues, mais aussi les défis persistants, notamment leur faible représentation dans les instances de prise de décision.
« Nous observons avec un certain regret que des réunions s’organisent sans que nous soyons valablement représentées, comme cela a été le cas dans les processus de paix tenus à Doha, Washington et en Suisse. Pourtant, nous sommes parmi les premières concernées et même les premières victimes de cette guerre, dont les conséquences touchent l’ensemble de la population. Nous avons besoin de participer pleinement à ces discussions. Nous sommes convaincues que la participation active des femmes dans les instances de prise de décision est essentielle, c’est à cette condition que la paix pourra réellement être rétablie. »
« Nous savons que les femmes sont de grandes actrices de la paix et de la résilience communautaire. Cette formation leur permet de mieux comprendre leur rôle, notamment dans la prévention des violences sexuelles liées aux conflits », explique Christian Mupika, l’un des facilitateurs.
De leur côté, les participantes ont formulé plusieurs recommandations, appelant notamment à une participation accrue des femmes dans les cadres de dialogue et les mécanismes de prise de décision, afin que leurs voix soient réellement prises en compte dans les processus de paix.
Pour Esther Vira représente d’aidprofen, cette initiative répond à une urgence, « Nous évoluons dans un contexte qui reflète les préoccupations des résolutions 1325 et 1820. Les femmes sont à la fois victimes de violences et actrices de paix. Il est essentiel de renforcer leurs capacités pour qu’elles puissent continuer à agir, même dans un environnement fragile, et contribuer activement à la reconstruction de la paix au Nord-Kivu. »
Venues notamment de Goma, Rutshuru et Nyiragongo, ces femmes travaillent désormais à l’élaboration de stratégies communautaires visant à renforcer la cohésion sociale et à lutter contre les violences basées sur le genre.