Massacre de Ndosho : Amnesty International et le gouvernement congolais en désaccord sur la justice
Les massacre sanglant dans le quartier Ndosho du 30 août 2022, ayant coûté la vie à plusieurs civils, continue de hanter les mémoires et de susciter des débats. Dans son dernier rapport, Amnesty International appelle à des poursuites judiciaires contre Constant Ndima, ancien gouverneur militaire du Nord-Kivu sous l’État de siège, identifié comme présumé auteur intellectuel de cette tragédie.
Cependant, le gouvernement congolais, par la voix de son porte-parole Patrick Muyaya lors du briefing de presse jeudi 13 décembre a Kinshasa, a adopté une position claire : aucune nouvelle enquête n'est envisagée. « Nous, nous considérons sur cette question, qu’il y a une réponse qui a été donnée de manière flagrante. Les responsabilités ont été établies, des condamnations ont été prononcées, il y a un procès en appel qui est attendu, je pense que nous devons nous en tenir à ça », a déclaré Patrick Muyaya lors de cette rencontre avec la presse.
Cette position gouvernementale divise. Les défenseurs des droits humains estiment que la justice congolaise n'a pas suffisamment enquêté sur le rôle des hauts responsables militaires. Ils craignent que le refus d'ouvrir de nouvelles enquêtes renforce le sentiment d'impunité dans un pays où les violations des droits humains restent monnaie courante.
L’appel d’Amnesty International met également en exergue des lacunes dans la gestion des crimes graves en RDC. L’organisation plaide pour une justice complète et impartiale, arguant que les victimes de Ndosho méritent de connaître la vérité et de voir tous les responsables – directs ou indirects – traduits en justice.
Le massacre de Ndosho n’est pas un cas isolé. Le Nord-Kivu, plongé dans une crise sécuritaire chronique, est souvent le théâtre de conflits armés, de massacres et de violences à grande échelle. Cette région reste l’une des plus instables du pays, malgré les efforts des autorités pour rétablir l’ordre.
Cette affaire souligne les défis auxquels la RDC est confrontée dans sa quête de justice transitionnelle. Au-delà des condamnations déjà prononcées, les voix se multiplient pour exiger une réforme en profondeur du système judiciaire, afin de garantir la responsabilité des hauts responsables et de restaurer la confiance des populations locales.
L’avenir de ce dossier pourrait jouer un rôle déterminant dans l’image du gouvernement congolais, à la fois sur le plan national et international. En attendant, les habitants de Ndosho et leurs familles continuent de réclamer justice pour les vies brisées le 30 août 2022.
DKM