RDC-OUGANDA : une nouvelle tension diplomatique après les propos polémiques de Muhoozi Kainerugaba
Les relations entre la République démocratique du Congo (RDC) et l’Ouganda sont une fois de plus au centre des tensions. Ce mercredi 18 décembre, la ministre congolaise des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, a convoqué Matata Twaha Magara, Chargé d’affaires ougandais à Kinshasa, pour obtenir des explications sur les propos polémiques de Muhoozi Kainerugaba, fils du président ougandais Yoweri Museveni et Commandant en Chef des Forces de défense ougandaises.
Dans des tweets publiés récemment, Muhoozi Kainerugaba s’était attaqué à ce qu’il appelle les "mercenaires blancs" employés par Kinshasa dans l’Est de la RDC, une zone en proie à des conflits armés depuis plusieurs années. Ces propos ont été perçus comme une provocation par les autorités congolaises, exacerbant les tensions déjà existantes entre les deux pays.
Sous pression diplomatique, Muhoozi Kainerugaba a finalement supprimé ses tweets, mais la controverse demeure.
Lors de sa rencontre avec la ministre congolaise, le Chargé d’affaires ougandais, Matata Twaha Magara, a tenté de désamorcer la situation. Il a rappelé la position officielle de son pays, qui se veut neutre dans le conflit entre la RDC et le Rwanda.
"L’Ouganda ne peut pas prendre position dans le conflit entre la RDC et le Rwanda," a déclaré M. Magara, tout en promettant de fournir des explications écrites de la part du gouvernement ougandais pour clarifier ces déclarations.
Cependant, des rapports des Nations unies accusent l’Ouganda de soutenir activement les rebelles du M23_RDF, un groupe armé responsable de la déstabilisation de l’Est de la RDC depuis 2022. Ces accusations, combinées aux propos de Muhoozi Kainerugaba, alimentent les soupçons sur l’implication de Kampala dans la crise sécuritaire congolaise.
La suppression des tweets de Muhoozi Kainerugaba pourrait être vue comme un effort pour calmer les tensions. Mais pour les autorités congolaises, le flou persiste sur les intentions réelles de l’Ouganda et son rôle dans l’instabilité qui mine l’Est du pays.
Cette nouvelle crise intervient dans un contexte déjà marqué par des relations fragiles entre les deux pays, alors que Kinshasa continue de chercher des solutions durables pour restaurer la paix dans cette région en conflit.
DKM