Nord-Kivu : l’insécurité et l’isolement aggravent la vulnérabilité des femmes et des filles
Alors que les combats entre les rebelles du M23 et l'armée congolaise (FARDC) s'intensifient dans la province du Nord-Kivu, les femmes et les filles se retrouvent particulièrement vulnérables. Entre violences, déplacements forcés, insécurité et accès limité à l’aide humanitaire, elles doivent adopter des stratégies pour assurer leur protection dans cette zone de conflit.
Avec l’avancée des combats, des milliers de familles fuient leurs villages pour chercher refuge dans des camps de déplacés ou en ville. Les femmes et les filles sont souvent les premières victimes d’agressions et d’exploitations sur les routes ou dans les camps. Uwase Maisara Nicole, membre de l'association "Femmes forte", une organisation informelle oeuvrant en ville de Goma recommandent :
- De se déplacer en groupe pour éviter les attaques isolées.
- D’éviter les itinéraires dangereux, connus pour la présence d’hommes armés.
- De suivre les consignes sécuritaires diffusées par les autorités locales et les ONG.
La menace des violences sexuelles
Les zones en guerre sont souvent le théâtre de violences sexuelles utilisées comme armes de guerre. Face à ce danger, il est conseillé de :
- Rester vigilante et éviter les zones contrôlées par des groupes armés.
- Ne pas accepter d’aide ou d’accompagnement d’inconnus.
- Repérer les centres de prise en charge des survivantes de violences.
Les organisations locales rappellent que des lignes d’urgence et des structures médicales sont disponibles pour les victimes de violences. Cependant, avec la fermeture de l’aéroport de Goma après la prise de la ville par les rebelles, les ONG et les humanitaires peinent à acheminer des aides médicales et psychologiques aux victimes dans les zones sous contrôle du M23.
La chute de Goma sous le contrôle du M23 a entraîné la fermeture de son aéroport, un point névralgique pour l’acheminement des aides humanitaires. Cette situation complique encore davantage la vie des femmes et des filles qui :
- N’ont plus accès aux soins médicaux d’urgence en raison du manque de matériel et de personnel qualifié.
- Voient les distributions de vivres et de kits d’hygiène réduites, exposant les plus vulnérables à la malnutrition et aux maladies.
- Ont du mal à signaler les violences, les réseaux d’ONG étant limités par l’insécurité et le contrôle rebelle.
- Les organisations humanitaires dénoncent une crise qui risque de s’aggraver rapidement si l’accès à l’aide n’est pas rétabli.
Dans les camps de déplacés, les conditions de vie sont de plus en plus difficiles. Les femmes doivent souvent parcourir de longues distances pour trouver de la nourriture ou de l’eau, ce qui les expose à des risques. Pour minimiser les dangers :
- S’organiser en groupes pour aller chercher des vivres et de l’eau.
- Participer aux initiatives communautaires pour renforcer la solidarité entre femmes.
- Alerter les autorités ou les ONG en cas de menaces ou d’agressions (là où cela est possible).
Une solidarité nécessaire pour survivre
Dans ce contexte de crise, la solidarité entre femmes est essentielle. Plusieurs associations locales encouragent la création de réseaux de soutien et de partage d’informations pour protéger les plus vulnérables.
Alors que la guerre du M23 continue de ravager l’est de la RDC et que l’accès à l’aide humanitaire est restreint, les femmes et les filles du Nord-Kivu doivent plus que jamais faire preuve de vigilance et de résilience face aux nombreux défis qui se dressent sur leur chemin.
DKM