Goma post-M23: les changeurs de monnaie et les opérateurs de mobile money règnent; la population plongée dans une crise économique accrue

Goma post-M23: les changeurs de monnaie et les opérateurs de mobile money règnent; la population plongée dans une crise économique accrue

La guerre du M23 a laissé derrière elle une ville de Goma en proie à une crise économique sans précédent. Les habitants de la capitale provinciale du Nord-Kivu se retrouvent à la merci des changeurs de monnaie et des agents des maisons de communication qui dictent désormais les termes de l'économie locale. Ces derniers imposent le taux de change selon leur propre humeur. 

Depuis la fin des combats, les services bancaires traditionnels sont en berne avec les banques toujours fermées, poussant les habitants à se tourner vers les services de mobile money pour leurs transactions quotidiennes. Cependant, cette solution alternative s'accompagne de ses propres difficultés. Les utilisateurs d'Airtel Money, de Vodacom RDC et d'Orange Money doivent maintenant payer une commission exorbitante de 10% sur chaque retrait, une taxe imposée par les changeurs de monnaie qui ont pris le contrôle de ce secteur de l'économie informelle.

En plus de cette commission, les réseaux de mobile money prélèvent également des frais à la source, augmentant ainsi le coût total pour les consommateurs déjà éprouvés par les répercussions économiques de la guerre. Cette double ponction financière rend chaque transaction non seulement onéreuse mais aussi imprévisible, exacerbant une crise économique déjà critique.

La population de Goma, désespérée par cette situation, voit son pouvoir d'achat diminuer de jour en jour alors que le coût de la vie ne cesse d'augmenter. 

Rencontrée devant une cabine de retrait d'argent vers Katindo, Marie, une mère de famille de quatre enfants, exprime sa frustration : "Retirer de l'argent pour nourrir ma famille est devenu une véritable épreuve. Entre les commissions des changeurs et les frais des opérateurs de mobile money, il ne reste presque rien pour mes besoins essentiels."

Cette situation illustre un cycle vicieux où l'absence de services bancaires pousse la population vers des solutions de fortune, lesquelles sont exploitées par des acteurs économiques informels. Sans une intervention rapide pour rétablir un système financier plus juste et accessible, la crise économique à Goma risque de s'aggraver, laissant les habitants dans une situation de vulnérabilité accrue.